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Concours

Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /2007 00:13


1) L’Homme ayant voulu ignorer le Climat

2) L'Homme (occidental et bourgeois) et le Réchauffement de la Terre

3) L’Ecologiste et le Socialiste

4) L'Homme (occidental et bourgeois) et l'Atmosphère


1) L'Homme ayant voulu ignorer le Climat


Longtemps le Climat cohabita avec les hommes,
Lorsque de petits dégâts l'Homme fabriquait.
Arbres, rivières, air pur sur la terre habitaient,
Et l'on ne voyait pas comme au siècle où nous sommes,
Tant d'inondations et de chaleur,
Tant de forets au trépas,
Tant d'incendies et de malheurs,
Comme aussi on ne voyait pas
Tant de voitures et de climatisations.
Or l'Homme fit alors le rêve pour lui mortel
De se fabriquer un paradis artificiel :
Il eut recours à l'industrialisation,
Et fît usage de la machine
Pour soulager son échine.
Celle-ci d'évidence
Démultiplia sa puissance.
Et cela fait l'homme remercie
La machine sa bienfaitrice, disant : "merci à vous ;
Vous m'avez permis de quitter ma sauvage vie.
-Mais dit la machine, je peux faire mieux pour vous.
Vous vous déplacerez pour un oui pour un non,
Vous modifierez le climat dans vos maisons."
Hélas que vaut un tel secondaire confort
Quand on le paye d'un futur si mort ?
L'Homme s'aperçut qu'il avait fait folie ;
Mais il n'était plus temps ; déjà de la vie
De ses enfants l'allali il avait sonné.
Il mourut en traînant son "progrès"
Sage s'il n'eut pas fuit le moindre effort.

Quel que soit le plaisir que cause le confort,
C'est l'acheter trop cher que l'acheter d'un bien
Sans qui les autres ne sont rien.


(D'après "Le Cheval s'étant voulu venger du Cerf", La Fontaine)

 

 
2) L'Homme (occidental et bourgeois) et le Réchauffement de la Terre


Rien ne sert de courir, il faut partir à point :
L'Homme et le Réchauffement en font témoignage.
"Gageons dit celui-ci, que vous n'entraverez point
Mon massacre- Sitôt ? Etes vous sage ?
Repartit l'Homme léger :
Mon obtus pessimiste, il vous faut purger
De votre esprit cet imbécile désordre.
-Sage ou non, je parie encore"
Ainsi fût fait ; et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Le futur de nos enfants était l'affaire,
Et d'un tel juge l'on convint.
Un mode de vie notre homme devait défaire,
J'entends de ces comportements sans fins
Où l'on consomme sans discernement des produits
Sans réfléchir au malheur qu'on induit.
Ayant dis-je, du temps de reste pour moins polluer,
Pour moins rouler et pour moins climatiser
A outrance, il laisse son destructeur
Aller son train de sénateur.
Il part, donne d'évidents signes d'alerte
En espérant que ce ne soit en pure perte.
Lui cependant méprise de tels indices,
Tient le danger pour factice,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il multiplie sciemment
Fausses conférences et faux engagements
Et déguise les preuves en injustifiées peurs.
A la fin, quand il vit
Que l'autre touchait presque au but
Il partit comme un trait. Mais les efforts qu'il fit
Furent vains : Le Réchauffement gagnant fût.
Celui-ci cria aux rares survivants
"De quoi vous a servi votre cerveau ?
On détruit la planète sciemment
En consommant si mal et si haut".


(d'après "Le Lièvre et la Tortue", La Fontaine)

 

3) L’Ecologiste et le Socialiste


Maître Ecolo, à un scrutin représenté,
Tenait en son bec un bon pourcentage.
Maître Socialo, par son succès alléché,
Lui tînt à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur l’Ecolo,
Que vous êtes fin, que vos projets sont beaux !
Sans mentir, si votre efficacité
Se rapporte à vos idées,
Votre place est dans mon gouvernement."
A ces mots, l’Ecolo se sent enfin important
Et pour montrer sa bonne volonté,
Fait le figurant et lâche ses idées.
Le Socialo les détruit et dit : "Mon bon écolo,
Apprenez que de toute participation,
Votre électeur attend un minimum d’action...
Cette leçon vaut bien sa sanction de facto."
L’Ecolo, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.


(D’après "Le Corbeau et le Renard, La Fontaine, en "hommage" à la participation des écologistes au gouvernement Jospin, alors que le réchauffement climatique s’installait tranquillement)

 

 

4) L'Homme (occidental et bourgeois) et l'Atmosphère


L'Homme, à la faveur d'une couche fort haute,
Et telle qu'on en voit en de certains climats,
S'étant mis à couvert et sauvé du trépas,
Le soleil pour ce coup, croyait ses rayons en faute :
Il les rappelle donc. L'Homme, hors de danger,
Détruit sa bienfaitrice : imbécilité extrême !
Il s'assoiffe, se réchauffe, se fait brûler.
Il vient mourir en ce lieu même.
"Je ne peux rien, dit-il, contre ce réchauffement.
C'est la nature". Il tombe en ce moment.
Les rayons en font curée : Il lui fut inutile
De jurer civisme à sa mort arrivée.

Vrai image de ceux qui profanent l'asile
Qui les a conservés.


(d'après "Le cerf et la Vigne", La Fontaine)

 

 

 

 

 

 

 

Par goutelle - Publié dans :
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Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /2007 23:47


1) Le Chroniqueur libéral et le Service de santé public.
2)Le Pigiste intègre et le Patron de presse corrompu
3) Le " Contestataire " devenu médiatique
4) Serge July détruit par ses idées.



1) Le Chroniqueur libéral et le Service de santé public


Les libéraux mentent effrontément.
Un pseudo vulgarisateur économique
Tomba malade si sérieusement
Qu’il pensait sa mort fatidique :
Une infection le menaçait.
De bonheur pour lui, qui désespérait,
Existait un Service de santé gratuit.
Il lui fait signe ; celui-ci le soigne.
Voici des examens au coût inouï.
Il le sauve, et demande qu’on témoigne
De la supériorité du secteur public.
"être honnête ? dit le journaliste :
Vous riez mon bon utopique !
Quoi n’est-ce pas déjà sympathique
Que mon histoire soit publiée et existe ?
Allez, vous êtes un ingrat :
N’attendez pas l’honnêteté des médias"


(D’après "Le Loup et la Cigogne", En "hommage" à Jean Marc Sylvestre. Tombé malade sérieusement, il ne dût sa survie -selon son propre aveu- qu’au fait qu’on se trouvait dans un service public et qu’on ne regardait pas à la dépense des examens nécessités par son état. Une fois revenu à la vie, il continue à nous servir son discours ultra-libéral sur les " archaismes de la France " et les bienfaits du " marché ". Nous vivons bien un monde de fables )

 

 

2) Le Pigiste intègre et le Patron de presse corrompu


Un Pigiste n'avait que les os et la peau
Tant les journalistes faisaient bonne garde.
Il rencontra leur Patron, aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, démontrer sa malhonnêteté,
Le Pigiste l'eut fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et l'homme avait partout des hommes de pailles,
Et pouvait gagner, même si malhonnêtement.
Le Pigiste l'aborde donc humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son influence qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi connu que moi, lui dit notre chrétien.
Quittez votre honnêteté, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Chômeurs méconnus, pauvres diables
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré ; point de franc métier,
Tout à la pointe d'un C.D.D.
Suivez moi : vous aurez un bien meilleur destin".
Le Pigiste reprit : "que me faudra-t-il faire ?
-Presque rien, dit-il : discréditer les révoltés
Qui n'acceptent pas les inégalités,
Flatter ceux du logis, à son maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera bénéficiaire de toutes les façons,
Repas en ville et stocks options
Sans parler de votre nouveau carnet d'adresses."
Le Pigiste, ébloui, se laisse aller
A imaginer d'une telle vie l'ivresse.
Chemin faisant, il vit le col de l'envié
Qu'est-ce là ? lui dit-il. -Rien- Quoi ? rien ?
-Peu de choses.
-Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
-Lié ? dit le Pigiste : vous n'écrivez donc pas
Ce que vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
Il importe si bien, que de vos nocifs contrats
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrait pas même à ce prix un trésor."
Le Pigiste s'enfuit, mais il galère encor.


(D'après Le Loup et le Chien, La Fontaine. En hommage à Pierre Carle et tant d'autres qui préfèrent être pauvres et libres que riches et enchaînés….)

 

3) Le Contestataire devenu médiatique


Un Contestataire voulant d'audience grande part,
Des "petites gens" snobant le voisinage,
Crut qu'il fallait s'aider de la peau du renard,
Et des médias devenir un grand personnage.
Il se déguise, des médias endosse le ton,
Fait de l'apparent audimat son obsession,
Sans oublier qu'ici, du public on s'amuse.
Pour pousser jusqu'au bout la ruse,
Il aurait volontiers écrit sur son chapeau :
"C'est moi qui passe le mieux sur les plateaux."
Sa personne étant ainsi faite,
Et l'audimat obssessionnellement en tête,
Notre sycophante approche doucement.
Le journaliste, aux puissants faisant ses courbettes
Dormait profondément.
Son patron aussi, comme son oreillette.
Le public dormait pareillement.
L'hypocrite les laissa faire ;
Et pour pouvoir libérer les futurs affranchis
Il voulut ajouter les arguments aux habits,
Chose qu'il croyait nécessaire.
Mais cela gâta son affaire :
Il ne put des médias contrefaire la loi.
Ses arguments firent retentir les voix,
Et découvrirent de la censure tout le nerf.
Chacun se réveille à ce son,
Le public, l'annonceur, le patron.
Le pauvre Contestataire, dans cet esclandre,
Empêché par son audimat obsession,
Ne put ni fuir ni se défendre.

Toujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre.
Que le militant agisse en militant.
C'est de loin le plus pertinent.


(d'après "Le Loup devenu Berger", La Fontaine)

 

 



4)Serge July détruit par ses idées
L'oiseau blessé d'une flèche


Subitement viré pour profit atrophié,
Mortellement atteint d'une flèche empennée,
Un gaucho renié déplorait sa destinée,
Un oiseau déplorait sa triste destinée,
Et disait, en souffrant un surcroit de douleur :
Et disait, en souffrant un surcroît de douleur :
"Faut-il contribuer à son propre malheur?
"Faut-il contribuer à son propre malheur?
Cruels libéraux, vous tirez de mes écrits
Cruels humains, vous tirez de nos ailes
De quoi justifier vos infamies.
De quoi faire voler ces machines mortelles.
Mais ne riez pas journalistes payés :
Mais ne vous moquez point, engeance sans pitié :
Du marché aussi votre sort dépend."
Souvent il vous arrive un sort comme le nôtre."
Des médias de marché, toujours l'épopée
Des enfants de Japet toujours une moitié
Fera rire l'autre camps.
Fournira des armes à l'autre.


(Lionel Goutelle, d'après "L'oiseau blessé d'une flêche". Les positions de Serge July -au fur et à mesure des reniements de la philosophie originale ayant présidé à la création du journal  Libération-  sont d'un cynisme inimaginable. Lire à ce propos "Libération de Sartre à Rothchild", de Pierre Rimbert, éditions raisons d'agir)

 

Par goutelle - Publié dans :
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Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /2007 22:07


1) L’électeur ouvrier et le " socialiste " partisan du oui

2) Le peuple et les deux partis du oui.

3) Le droit des marchés et les avancées sociales européennes.

 

1) L’électeur ouvrier et le " socialiste " partisan du oui.

 

Un certain " socialiste ", dans une Europe
Que les financiers dominent
Et que les pauvres maudissent,
S’en allait chercher du " oui " l’ enveloppe.
Un démagogue dis-je, à l’entrée d’un scrutin
Aperçut un prolo sans lendemain.
Je laisse à penser quelle joie !
" Bon électeur, dit-il, qui l’aurait à son croc.
Eh ! que n’es tu cadre ? car tu me serais hoc :
Au lieu qu’il faut ruser pour avoir cette proie.
Rusons donc. " Ainsi dit, il vient argumenter,
Se dit héritier de Jean Jaurès ;
Qu’il connaît les vices des marchés
Des droits sociaux la nécessité,
Qu’il sait guérir, sans faiblesse,
Toutes sortes de maux. Si sieur prolo voulait
Ne point celer son vote,
Lui socialo gratis le guérirait.
Car le voir dans cette posture idiote
Voter non sans se moderniser
Témoignait quelque mal, selon la médecine.
" J’ai, dit le prolo d’une pensive mine,
Un doute sur la partie trois de ce traité.
-Mon fils, dit le socialo, il n’est pas de partie
Au dessus des droits sociaux.
J’ai l’honneur de représenter les prolos
Et de ces droits, on ne pourra faire fi. "
Mon socialo n’argumentait qu’en mentant
Afin de happer son malade.
Lui qui s’en doutait, vote " non " d’ une ruade,
Qui vous lui met en marmelade
Ses mensonges et ses faux engagements.
" C’est bien fait, dit socialo en lui-même fort triste ;
Chacun à son métier doit toujours s’attacher
Tu veux faire ici le socio-capitaliste,
Et ne fus jamais que la voix des dominés. "


(D’après " Le Cheval et le Loup, La Fontaine, à peine détourné par Lionel Goutelle. A vérifier, mais il me semble bien que ce sont surtout les classes populaires, électorat jadis naturel du P.S, qui ont vôté non à l'Europe Libérale, fût-elle présentée comme une pseudo avancée par nos "amis" les "socialistes")

 

 

2) Le Peuple et les deux partis du " oui "



(Ps : les "deux partis pressés" partisans "d'un continent marchand", soit l'Europe libérale qu'on nous proposait,  sont bien sûr l’UMP et le PS qui pour une fois ont eu l’honnêteté de dire qu’ils avaient sur ces choses vitales la même position.)


Deux partis pressés d’un continent marchand
A leurs voisins européens vendirent
Le oui de leur peuple réticent
Mais qu’ils convaincraient bientôt, du moins à ce qu’ils dirent.
Ce " oui " était acquis pour nos gens.
Les marchands sur son dos feraient fortune ;
Il les garantirait des conflits les plus cuisants :
On en pourrait tuer deux grèves plutôt qu’une.
Dindenaut prisait moins ses moutons qu’eux leur traité.
Leur, à leur rêves, et non à l’état de leur peuple.
S’offrant de le livrer au plus tard dans deux années
Ils conviennent d’un scrutin, mais aveugles,
Trouvent un peuple qui s’informe au trot.
Voilà mes gens comme frappés d’un coup de foudre.
La promesse ne tint pas, il fallut s’y résoudre :
D’intérêt contre le peuple, on n‘en dit pas un mot.
L’un des deux partis crie au peuple " mouton noir " ;
L’autre plus démagogique, joue sur ses espoirs,
Ayant quelque part ouï dire
Que le peule s’acharne peu souvent
Sur une " gauche " qui dit éviter le pire.
Le peuple , comme un sot, donna dans ce panneau.
l voit ces droits sociaux privés de vie ;
Et, établissant la supercherie,
Les tourne, les retourne, en pointe les défauts,
Flaire les passages les plus vicieux.
" Ce texte, dit-il, est creux, ôtons-nous, car ils sent. "
A ces mots, le peuple vote non, consciencieux..
L’un de nos deux partis de son mépris descend,
Court voir son allié, lui dit que c’est merveilleux
Qu’il n’ait eu seulement que la peur pour tout mal.
" Eh bien ! ajouta-t-il, ce peuple animal ?
Mais que t’a-t-il dit à l’oreille ?
Car il examinait de bien près,
Les promesses que tu as cru bon de faire.
-Il m’a dit qu’il ne faut jamais
Vendre la peau du peuple qu’on ne l’ait mis par terre . "



(D’après " L’Ours et les deux compagnons ", La Fontaine, à peine détourné par Lionel Goutelle)

 


3) Le droit du marché et les avancées sociales européennes



La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.
Un droit social creux et non contraignant
Fût inscrit dans une constitution.
Un patron surgit, en mal d’exploitation,
Et attiré par des profits alléchants.
" Qui te rend si hardi de troubler la concurrence ?
Dit cet animal plein de jurisprudence.
Tu seras châtié de ta témérité .
-Sire, répond l’ouiste, que votre majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que les droits sociaux
Sont purement verbaux,
Et depuis vingt ans passent au dessus d’elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler son appropriation.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle ;
Et je sais que tu cites les droits des salariés.
-Comment les faire voter " oui " sans les manipuler?
Reprit l’ouiste. Ils m’élisent encor.
Et les services publics sont bien trop forts.
-Je les détruis en douce – C’est bien trop lent ;
Car votre double langage n’est pas mon fort,
Et ces droits sociaux ne sont que du vent
On me l’a dit : il faut que je me venge. "

Là-dessus, au fond des marchés financiers
Le patron emporte le " oui ", et puis le mange,
Sans autre forme de procès.



(d’après " le Loup et l’Agneau, La Fontaine, à peine détourné par Lionel Goutelle)

 

 

 

 

 

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Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /2007 21:15

Les Hommes malades de la "Délinquance"

Un mal qui se répand sur les écrans,

Mal que des médias malséants

Amplifièrent pour masquer les problèmes de fond,

La "Délinquance" (puisqu’il faut l’appeler par son nom)

Utilisée à dépolitiser la nation,

Faisait aux citoyens sa diversion.

Peu d’agressés, mais tous se disaient frappés ;

On n’en voyait point d’intéressés

A chercher des faits la pertinence.

Nul sociologue d’influence,

Ni rares journalistes honnêtes

De ce préjugé n’ébranlèrent la tête.

Manipulés, les citoyens se faisaient avoir :

Plus de recul : partant, un vote de désespoir.

Le président tint conseil et dit : "Mes chers amis,

Je crois que la montée du F.N a permis

Pour nos péchés cette infortune.

Que le plus coupable de nous

Se sacrifie aux effets du médiatique courroux ;

Peut-être il obtiendra la guérison commune.

L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents

On fait de pareils dévouements.

Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence

L’état de notre conscience.

Pour moi, profitant de mon impunité,

J’ai créé de fictifs emplois.

J’ai occupé des appartements sans les louer.

Même souvent, j’ai mangé et j’ai voyagé

Sans payer et sans respecter les lois.

Je me dévouerai donc, s’il le faut, mais j’ai pensé

Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi

Car on doit souhaiter, selon toute justice,

Que le plus coupable périsse.

-Sire dit le MEDEF, vous êtes trop naïf et droit ;

Vos scrupules font voir trop de délicatesse.

Eh bien ! se gaver de millions en espèce,

Est-ce un pêché ? Regardez nos stock-options, Seigneur,

Voyez de nos actions sans travailler le bonheur ;

En volant le travailleur, l’on peut dire

Qu’il était digne de tous ces maux,

Etant de ces gens quasi animaux

Sans compétences et sans désirs.

Ainsi dit le patron ; et flatteurs d’applaudir.

On n’osa trop approfondir

Du trader, ni du cadre, ni des autres puissances,

Les moins pardonnables offenses :

Tous les exploiteurs, jusqu’aux simples matins,

Au dire de chacun étaient de petits saints.

Le petit délinquant vint et dit : "J’ai souvenance

Qu’en une rue fréquentée par des passants,

La pauvreté, le manque d’avenir et, je pense,

Quelque diable aussi me poussant,

Je soulageais un passant de quelques dépenses.

Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net."

A ces mots on cria haro sur le baudet.

Un pseudo expert démontra par sa harangue

Qu’il fallait emprisonner ce maudit animal,

Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.

Sa peccadille fût jugée un cas pendable.

Voler de l’argent ! Quel crime abominable !

Rien que la prison n’était capable

D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable

Les médias de cour vous rendront blanc ou noir.

(d’après "Les Animaux malades de la peste". S’est-on avisé de mettre bout à bout les méfaits de la " délinquance en col blanc"" (détournements de fonds publics dans les emplois ficitifs, fausses factures, appartements de fonction à l’œil etc… –et sans parler de la " délinquance légale " permise par les pseudos lois du " marché " qui permettent aux " actionnaires rentiers " de ponctionner plus de 40 % de la richesse nationale produite par les salariés que l’on rapproche de plus en plus de la condition d’esclaves au travail) avec ceux produits par la petite délinquance ? Je prends le paris que la comparaison serait indécente pour ceux qui crient le plus fort sur la petite délinquance. Ce n’est pas monsieur Alain Juppé qui me contredira, lui qui s’était permis de " louer " pour un franc symbolique un appartement de plusieurs centaines de mètres carrés à son fils en plein cœur de Paris. Mais il est vrai que lui, contrairement à la plupart des petits délinquants, avait les moyens de rembourser son forfait, et donc d’atténuer sa " peine "….Rire. Les fables que nous vivons bien malgré nous aujourd’hui renvoient souvent celles de La Fontaine à de douces plaisanteries bien en dessous de la réalité)

 

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Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /2007 19:28

1) L’Employée d’Enron et la Syndiquée ringarde
2) Le Service public qui se veut aussi "rentable" que la Multinationale
3) Le F.M.I et les Argentins
4) L'Impôt, poule aux œufs d'or
5) L'Etat et l'Entreprise en faillite
6) Le petit Actionnaire qui a perdu son Capital
7) Les petites Gens et la Retraite par capitalisation
8) Le capitaliste qui vend le rêve

1) L’Employée d’Enron et la Syndiquée ringarde

 

L’Employée d’Enron ayant spéculé
Toutes ces années
Se trouva fort dépourvue
Quand la faillite fut venue.
Pas un seul petit profit
Ni un brin d’économie.
Elle alla crier famine
Chez la Syndiquée sa voisine
La priant de lui prêter
Quelques gains pour spéculer
Jusqu’à la conjoncture nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’août, foi d’économiste,
Et de prévisions réalistes".
La Syndiquée ringarde n’est pas rêveuse,
C’est là son moindre défaut.
"Quand le délire boursier était si haut,
Que faisiez-vous ?" dit-elle à l’emprunteuse.
"Nuit et jour à tout venant
Je spéculais, ne vous déplaise.
Vous spéculiez ? J’en suis fort aise :
Eh bien ! cotisez maintenant."

(d’après "la Cigale et la Fourmi")

 

2) Le Service public qui se veut aussi "rentable" que la Multinationale

Un Service public vit une Multinationale
Aux profits apparents de belle taille.
Lui qui n’avait pas une telle fin initiale,
Envieux, se déforme, s’enfle et se travaille
Pour égaler de son modèle les "affaires",
Disant: "Regardez bien, chers actionnaires,
Ma rentabilité est-elle suffisante ?
-Nenni- La précarité intéressante ?
-Point du tout- Les salaires assez rachitiques ?
-En rien- Mes OPA suffisantes ? M’y voilà ?
-Vous n’en approchez point" Le service public
Se renia si bien qu’il creva.
Le monde est plein de "libéraux" qui ont la rage.
On veut réduire l’utilité à la finance.
On veut d’automatiques pourcentages.
On veut des impôts l’utilité sans la dépense.

(D’après "La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf". En hommage à France Télécom, La Poste et E.D.F, et sans doutes très vite la Santé et l’Education, quoique peut-être sous des formes d’apparences légèrement plus douces…..Il faut bien invoquer les principes du bien si l’on veut faire efficacement le mal…)

 

3) Le F.M.I et les Argentins

Chacun a son défaut, où toujours il revient :
Honte ni peur n'y remédie.
Sur ce propos, d'un cas il me souvient :
Je ne dis rien que je n'appuie
D'un exemple. Un suppôt du libéralisme
Altérait du monde le développement :
Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur plan
Qu'ils refusent d'en voir les traumatismes.
Un jour, plein de la science dite "économie",
Celui-ci mis sur les genoux un pays.
Ses habitants l'enfermèrent dans un tombeau.
Là les justifications économiques
Cuvèrent à loisir. Après son repos,
Il y trouve des objets mortuaires typiques.
"Qu'est-ce ? dit-il. Le monde du F.M.I est-il veuf ?"
Là dessus, les Argentins, en habits du diable,
Et contrefaisant sa voix probable,
Tiennent au prétendu mort leur habile bluff.
Le F.M.I ne doute alors en aucune manière
Qu'il ne soit citoyen d'enfer.
"Quelles personnes êtes-vous ? dit-il à ces fantômes.
-Les révoltés du royaume
De la terre, reprirent-ils, et nous avertissons
De leur fin inéluctable les faux jetons.
Le F.M.I repart sans songer :
"Je n'ai point assez libéraliser ?"

(D’après "L'ivrogne et sa Femme". Faut-il rappeler que L'Argentine était qualifiée de "meilleur élève" du F.M.I avant sa faillite ? Elle est pas belle la vie des " libéraux " ? )

4) L'Impôt, poule aux œufs d'or

L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux pour le témoigner
Que celui dont l'Impôt, à ce que dit la fable,
Assurait un raisonnable niveau de vie.
Il crut que ne pas le payer serait rentable.
Dans le privé, il plaça ses économies.
Mais ainsi utilisées, elles ne produisaient rien.
Il s'était lui-même ôté le meilleur de son bien.
Belle leçon pour les gens chiches !
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus,
Qui du soir au matin sont pauvres devenus,
Pour vouloir trop seuls être riches !

(D'après "La Poule aux œufs d'or". En " hommage " à ces fonctionnaires anglais qui, sous l’incitation de leurs propres hommes d’état ( !), retirèrent leurs cotisations retraite du système public pour le placer dans un fond de pension privé qui fit faillite…Ils sont toujours en procès pour récupérer une aumône, mais les hommes d’état qui ont rendu possible ce genre de " réformes " ne sont pas à la barre des accusés eux, ni les économistes " libéraux " qui les ont inspiré. Lire à ce propos " La bourse ou la vie " de Bernard Maris et Labarde Philippe….)

 

 

5) L'Etat et l'Entreprise en faillite

A.T.T.A.C nous conte qu'un Etat
Charitable autant que peu sage,
De sa santé faisant le constat
Et de l'économie le chiffrage,
Aperçut une Entreprise en faillite,
Percluse de dettes et presque détruite,
N'ayant pas à vivre un quart d'heure.
L'Etat la prend et s'en fait le protecteur ;
Et sans considérer quel sera le poids
Sur nos impôts de son action,
Il la recapitalise sans conditions,
Et la ressuscite avec toute sa foi.
La firme engourdie sent à peine le chaud,
Que le M.E.D.E.F en veut la privatisation ;
Menteur, il affirme meilleure sa gestion,
Puis publie nombre de raisonnements faux
Contre son bienfaiteur, son sauveur et son père.
"Bien sûr, dit l'Etat, reprenez l'affaire !
Elle est à vous !" A ces mots démagogiques
Il vous cède pour rien l'affaire publique ;
Après en avoir socialiser les pertes,
Il en privatise les profits.
Ainsi les démagogues bandits
Rendent-ils la raison inerte.

Il est bon d'être charitable :
Mais envers qui ? c'est le point.

Quant aux privatisations, il n'en est point
Qui, sans l'Etat, ne soient rentables.

(D'après "Le villageois et le serpent". En hommage au secteur de l’acier en France qui a tant enrichi les De Wendell, au Crédit Lyonnais, à France Télécom…..et tant de cas que j’oublie et certainement à venir aussi, tant ce mécanisme détourné est bien connu maintenant. Ce qui est assez fabuleux dans ces histoires à dormir debout, c’est que ces actionnaires qui sont gagnants à tout coup sont aussi ceux qui osent nous parler de " peur du risque " à tout bout de champ…..

 

6)Le petit Actionnaire qui a perdu son Capital

L'usage seulement fait la possession.
Je demande à ces salariés de qui l'obsession
Est d'assurer leur retraite en bourse
Quel avantage ils ont sur l'autre ressource.
Les S.D.F de demain seront aussi riches qu'eux,
Et nos actuels actionnaires d'évidents gueux.
L'histoire de cet anglais que je vous propose
Servira d'exemple à la chose.

Ce malheureux attendait,
Pour jouir de son bien, une seconde vie ;
Sur le conseil d'hommes d'état dévoyés,
Dans un fond de pension son blé il enfouît,
Son cerveau avec, croyant qu'en solitaire,
Il gagnait sur une retraite solidaire.
Il fît du Dow Jones son obsession sacrée.
Que les siens on malmena, qu'on les exploita,
Tout l'indifférait, à moins qu'il ne songeât
A son Capital et à ses profits escomptés.
Il l'engraissât tant, qu'un patron le vit,
Se saisit du dépôt, et l'emporta sans rien dire.
Notre avare, un beau jour, ne trouva que le nid.
Voilà mon homme aux pleurs : il gémit, il soupire,
Il se tourmente, il se déchire.
Un passant lui demande à quel sujet ses cris.
-"C'est mon Capital que l'on m'a pris.
-Votre Capital ? Où pris ? -A la bourse
-Eh ! Manquons-nous tant de ressources
Pour être si con ? N'eussiez-vous pas mieux fait
De renforcer la répartition et ses effets,
Que de faire le jeu de vos exploiteurs ?
Vous auriez assuré vos dernières heures.
-Assurez ma retraite ne tient-il qu'à cela ?
L'argent vient-il comme il s'en va ?
Je n'y touchais jamais -dites-moi donc, de grâce
Reprit l'autre, pourquoi dans la répartition,
Le partage des richesses ferait défection ?
De votre cerveau en lieu et place,
Mettez plutôt une pierre à la place".

(D’après "L'Avare qui a perdu son trésor", La Fontaine. Mais aussi d'après "La bourse ou la vie", Labarde et Maris, ed Albin Michel, P 106 à 109 et tant d'exemples malheureusement si répétitifs et sans conséquences...)

 

 

 

7) Les petites Gens et la Retraite par capitalisation

De la répartition dont ils vivaient sans souci,
Se contentèrent longtemps les Gens d'un pays.
Si leur fortune était sans mirifiques gains
Elle était sûre tout au moins.
A la fin, la propagande les tenta si bien,
Que dans le système par capitalisation
Ils mirent la majorité de leurs biens,
Et trafiquèrent tant, qu'ils y perdirent raison.
Leur argent par spéculation fit naufrage.
Nos Gens durent travailler toute la vie
Non plus pour améliorer leur standing de vie
Mais pour de la survie, avoir "l'avantage".
S'imaginant au repos pour la fin de leur vie,
Ils durent se remettrent à l'ouvrage.
Or bien plus tard, quelques économies
Leurs enfants firent, et, bien plus sages,
Redécouvrir les vertus de la répartition.
Mais toujours les médias, vrai lobby patronal,
Laissaient le droit de parole au plus vénal.
"Vous voulez notre argent, Ô messieurs les patrons,
Dirent-ils. Adressez-vous je vous prie, aux vrais cons.
Ma foi, vous n'aurez plus le nôtre,
Ayant vu le meurtre social de vos apôtres."
Ceci n'est pas un conte à plaisir inventé.
Je me sers de la vérité
Pour montrer par expérience,
Qu'un sous, quand il est socialisé,
Vaut mieux que cinq en espérance ;
Qu'il faut miser sur l'association ;
Qu'aux conseils de la bourse et de l'ambition
Nous devons fermer les oreilles.
Pour un qui s'en louera, dix milles s'en plaindront,
La bourse promet monts et merveilles :
Fiez-vous-y, les voleurs et les malheurs viendront.

(D'après Le Berger et la Mer.. Le hasard fait que je viens de lire aujourd'hui -samedi 1 janvier 2005- Alternatives Economiques -revue dite "modérée" et "sérieuse"- de janvier 2005 page 17, un petit article : ""Royaume-Uni, le fiasco des fonds de pension". Je vous le conseille…..Et dire que c’est la " modernisation  libérale " qu’on veut pour nous…Désagréable impression quand même par moment que les fables de La Fontaine sont bien en dessous de la connerie de nos " raisonnements ")

 

8) Le capitaliste qui vend le rêve

Jamais auprès des patrons ne te mets à porté :
Je ne te puis donné un plus sage conseil.
Il n’est enseignement pareil
A celui-là de fuir ces gens intéressés.
On en voit souvent dans les médias :
La com. est leur outil, car elle donne de l’éclat
Aux fripons et à leurs promesses ridicules.
Un patron se ventait devant les caméras
Qu’il vendait le rêve ; et les mortels crédules
De courir à l’achat : chacun s’endettant.
On investissait ses économies :
Puis on avait pour son argent
De belles actions, et une vague garantie.
La plupart s’en fâchaient ; mais que leur servait-elle ?
C’était les plus moqués ; le mieux était de rire
Ou de s’en aller, sans rien dire
Avec sa croyance inconditionnelle.
De douter de l’efficacité des marchés,
On se fait siffler ainsi qu’un ignorant.
La doxa libérale n’est-elle pas garant
d’un marché efficient ? La rentabilité
est avéré et chacun y trouve profit.
Doutant pourtant de cette piètre garantie,
Un des dupes un jour alla trouver un sage,
Qui, sans hésiter davantage,
Lui dit : " Ce sont ici hiéroglyphes tout purs.
Les gens biens informés, et qui voudront bien faire
Entre eux et ces patrons mettront pour l’ordinaire
Un état social ; sinon je ne suis pas sûr
Que beaucoup de vos semblables n’en crèvent.
Vous n’êtes point trompé : ce patron vend du rêve. "

(D’après " Le Fou qui vend la sagesse")

Par goutelle - Publié dans :
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