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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /2007 00:13


1) L’Homme ayant voulu ignorer le Climat

2) L'Homme (occidental et bourgeois) et le Réchauffement de la Terre

3) L’Ecologiste et le Socialiste

4) L'Homme (occidental et bourgeois) et l'Atmosphère


1) L'Homme ayant voulu ignorer le Climat


Longtemps le Climat cohabita avec les hommes,
Lorsque de petits dégâts l'Homme fabriquait.
Arbres, rivières, air pur sur la terre habitaient,
Et l'on ne voyait pas comme au siècle où nous sommes,
Tant d'inondations et de chaleur,
Tant de forets au trépas,
Tant d'incendies et de malheurs,
Comme aussi on ne voyait pas
Tant de voitures et de climatisations.
Or l'Homme fit alors le rêve pour lui mortel
De se fabriquer un paradis artificiel :
Il eut recours à l'industrialisation,
Et fît usage de la machine
Pour soulager son échine.
Celle-ci d'évidence
Démultiplia sa puissance.
Et cela fait l'homme remercie
La machine sa bienfaitrice, disant : "merci à vous ;
Vous m'avez permis de quitter ma sauvage vie.
-Mais dit la machine, je peux faire mieux pour vous.
Vous vous déplacerez pour un oui pour un non,
Vous modifierez le climat dans vos maisons."
Hélas que vaut un tel secondaire confort
Quand on le paye d'un futur si mort ?
L'Homme s'aperçut qu'il avait fait folie ;
Mais il n'était plus temps ; déjà de la vie
De ses enfants l'allali il avait sonné.
Il mourut en traînant son "progrès"
Sage s'il n'eut pas fuit le moindre effort.

Quel que soit le plaisir que cause le confort,
C'est l'acheter trop cher que l'acheter d'un bien
Sans qui les autres ne sont rien.


(D'après "Le Cheval s'étant voulu venger du Cerf", La Fontaine)

 

 
2) L'Homme (occidental et bourgeois) et le Réchauffement de la Terre


Rien ne sert de courir, il faut partir à point :
L'Homme et le Réchauffement en font témoignage.
"Gageons dit celui-ci, que vous n'entraverez point
Mon massacre- Sitôt ? Etes vous sage ?
Repartit l'Homme léger :
Mon obtus pessimiste, il vous faut purger
De votre esprit cet imbécile désordre.
-Sage ou non, je parie encore"
Ainsi fût fait ; et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Le futur de nos enfants était l'affaire,
Et d'un tel juge l'on convint.
Un mode de vie notre homme devait défaire,
J'entends de ces comportements sans fins
Où l'on consomme sans discernement des produits
Sans réfléchir au malheur qu'on induit.
Ayant dis-je, du temps de reste pour moins polluer,
Pour moins rouler et pour moins climatiser
A outrance, il laisse son destructeur
Aller son train de sénateur.
Il part, donne d'évidents signes d'alerte
En espérant que ce ne soit en pure perte.
Lui cependant méprise de tels indices,
Tient le danger pour factice,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il multiplie sciemment
Fausses conférences et faux engagements
Et déguise les preuves en injustifiées peurs.
A la fin, quand il vit
Que l'autre touchait presque au but
Il partit comme un trait. Mais les efforts qu'il fit
Furent vains : Le Réchauffement gagnant fût.
Celui-ci cria aux rares survivants
"De quoi vous a servi votre cerveau ?
On détruit la planète sciemment
En consommant si mal et si haut".


(d'après "Le Lièvre et la Tortue", La Fontaine)

 

3) L’Ecologiste et le Socialiste


Maître Ecolo, à un scrutin représenté,
Tenait en son bec un bon pourcentage.
Maître Socialo, par son succès alléché,
Lui tînt à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur l’Ecolo,
Que vous êtes fin, que vos projets sont beaux !
Sans mentir, si votre efficacité
Se rapporte à vos idées,
Votre place est dans mon gouvernement."
A ces mots, l’Ecolo se sent enfin important
Et pour montrer sa bonne volonté,
Fait le figurant et lâche ses idées.
Le Socialo les détruit et dit : "Mon bon écolo,
Apprenez que de toute participation,
Votre électeur attend un minimum d’action...
Cette leçon vaut bien sa sanction de facto."
L’Ecolo, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.


(D’après "Le Corbeau et le Renard, La Fontaine, en "hommage" à la participation des écologistes au gouvernement Jospin, alors que le réchauffement climatique s’installait tranquillement)

 

 

4) L'Homme (occidental et bourgeois) et l'Atmosphère


L'Homme, à la faveur d'une couche fort haute,
Et telle qu'on en voit en de certains climats,
S'étant mis à couvert et sauvé du trépas,
Le soleil pour ce coup, croyait ses rayons en faute :
Il les rappelle donc. L'Homme, hors de danger,
Détruit sa bienfaitrice : imbécilité extrême !
Il s'assoiffe, se réchauffe, se fait brûler.
Il vient mourir en ce lieu même.
"Je ne peux rien, dit-il, contre ce réchauffement.
C'est la nature". Il tombe en ce moment.
Les rayons en font curée : Il lui fut inutile
De jurer civisme à sa mort arrivée.

Vrai image de ceux qui profanent l'asile
Qui les a conservés.


(d'après "Le cerf et la Vigne", La Fontaine)

 

 

 

 

 

 

 

Par goutelle - Publié dans :
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