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1) L’électeur ouvrier et le " socialiste " partisan du oui

2) Le peuple et les deux partis du oui.

3) Le droit des marchés et les avancées sociales européennes.

 

1) L’électeur ouvrier et le " socialiste " partisan du oui.

 

Un certain " socialiste ", dans une Europe
Que les financiers dominent
Et que les pauvres maudissent,
S’en allait chercher du " oui " l’ enveloppe.
Un démagogue dis-je, à l’entrée d’un scrutin
Aperçut un prolo sans lendemain.
Je laisse à penser quelle joie !
" Bon électeur, dit-il, qui l’aurait à son croc.
Eh ! que n’es tu cadre ? car tu me serais hoc :
Au lieu qu’il faut ruser pour avoir cette proie.
Rusons donc. " Ainsi dit, il vient argumenter,
Se dit héritier de Jean Jaurès ;
Qu’il connaît les vices des marchés
Des droits sociaux la nécessité,
Qu’il sait guérir, sans faiblesse,
Toutes sortes de maux. Si sieur prolo voulait
Ne point celer son vote,
Lui socialo gratis le guérirait.
Car le voir dans cette posture idiote
Voter non sans se moderniser
Témoignait quelque mal, selon la médecine.
" J’ai, dit le prolo d’une pensive mine,
Un doute sur la partie trois de ce traité.
-Mon fils, dit le socialo, il n’est pas de partie
Au dessus des droits sociaux.
J’ai l’honneur de représenter les prolos
Et de ces droits, on ne pourra faire fi. "
Mon socialo n’argumentait qu’en mentant
Afin de happer son malade.
Lui qui s’en doutait, vote " non " d’ une ruade,
Qui vous lui met en marmelade
Ses mensonges et ses faux engagements.
" C’est bien fait, dit socialo en lui-même fort triste ;
Chacun à son métier doit toujours s’attacher
Tu veux faire ici le socio-capitaliste,
Et ne fus jamais que la voix des dominés. "


(D’après " Le Cheval et le Loup, La Fontaine, à peine détourné par Lionel Goutelle. A vérifier, mais il me semble bien que ce sont surtout les classes populaires, électorat jadis naturel du P.S, qui ont vôté non à l'Europe Libérale, fût-elle présentée comme une pseudo avancée par nos "amis" les "socialistes")

 

 

2) Le Peuple et les deux partis du " oui "



(Ps : les "deux partis pressés" partisans "d'un continent marchand", soit l'Europe libérale qu'on nous proposait,  sont bien sûr l’UMP et le PS qui pour une fois ont eu l’honnêteté de dire qu’ils avaient sur ces choses vitales la même position.)


Deux partis pressés d’un continent marchand
A leurs voisins européens vendirent
Le oui de leur peuple réticent
Mais qu’ils convaincraient bientôt, du moins à ce qu’ils dirent.
Ce " oui " était acquis pour nos gens.
Les marchands sur son dos feraient fortune ;
Il les garantirait des conflits les plus cuisants :
On en pourrait tuer deux grèves plutôt qu’une.
Dindenaut prisait moins ses moutons qu’eux leur traité.
Leur, à leur rêves, et non à l’état de leur peuple.
S’offrant de le livrer au plus tard dans deux années
Ils conviennent d’un scrutin, mais aveugles,
Trouvent un peuple qui s’informe au trot.
Voilà mes gens comme frappés d’un coup de foudre.
La promesse ne tint pas, il fallut s’y résoudre :
D’intérêt contre le peuple, on n‘en dit pas un mot.
L’un des deux partis crie au peuple " mouton noir " ;
L’autre plus démagogique, joue sur ses espoirs,
Ayant quelque part ouï dire
Que le peule s’acharne peu souvent
Sur une " gauche " qui dit éviter le pire.
Le peuple , comme un sot, donna dans ce panneau.
l voit ces droits sociaux privés de vie ;
Et, établissant la supercherie,
Les tourne, les retourne, en pointe les défauts,
Flaire les passages les plus vicieux.
" Ce texte, dit-il, est creux, ôtons-nous, car ils sent. "
A ces mots, le peuple vote non, consciencieux..
L’un de nos deux partis de son mépris descend,
Court voir son allié, lui dit que c’est merveilleux
Qu’il n’ait eu seulement que la peur pour tout mal.
" Eh bien ! ajouta-t-il, ce peuple animal ?
Mais que t’a-t-il dit à l’oreille ?
Car il examinait de bien près,
Les promesses que tu as cru bon de faire.
-Il m’a dit qu’il ne faut jamais
Vendre la peau du peuple qu’on ne l’ait mis par terre . "



(D’après " L’Ours et les deux compagnons ", La Fontaine, à peine détourné par Lionel Goutelle)

 


3) Le droit du marché et les avancées sociales européennes



La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.
Un droit social creux et non contraignant
Fût inscrit dans une constitution.
Un patron surgit, en mal d’exploitation,
Et attiré par des profits alléchants.
" Qui te rend si hardi de troubler la concurrence ?
Dit cet animal plein de jurisprudence.
Tu seras châtié de ta témérité .
-Sire, répond l’ouiste, que votre majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que les droits sociaux
Sont purement verbaux,
Et depuis vingt ans passent au dessus d’elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler son appropriation.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle ;
Et je sais que tu cites les droits des salariés.
-Comment les faire voter " oui " sans les manipuler?
Reprit l’ouiste. Ils m’élisent encor.
Et les services publics sont bien trop forts.
-Je les détruis en douce – C’est bien trop lent ;
Car votre double langage n’est pas mon fort,
Et ces droits sociaux ne sont que du vent
On me l’a dit : il faut que je me venge. "

Là-dessus, au fond des marchés financiers
Le patron emporte le " oui ", et puis le mange,
Sans autre forme de procès.



(d’après " le Loup et l’Agneau, La Fontaine, à peine détourné par Lionel Goutelle)

 

 

 

 

 

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