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Les Hommes malades de la "Délinquance"

Un mal qui se répand sur les écrans,

Mal que des médias malséants

Amplifièrent pour masquer les problèmes de fond,

La "Délinquance" (puisqu’il faut l’appeler par son nom)

Utilisée à dépolitiser la nation,

Faisait aux citoyens sa diversion.

Peu d’agressés, mais tous se disaient frappés ;

On n’en voyait point d’intéressés

A chercher des faits la pertinence.

Nul sociologue d’influence,

Ni rares journalistes honnêtes

De ce préjugé n’ébranlèrent la tête.

Manipulés, les citoyens se faisaient avoir :

Plus de recul : partant, un vote de désespoir.

Le président tint conseil et dit : "Mes chers amis,

Je crois que la montée du F.N a permis

Pour nos péchés cette infortune.

Que le plus coupable de nous

Se sacrifie aux effets du médiatique courroux ;

Peut-être il obtiendra la guérison commune.

L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents

On fait de pareils dévouements.

Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence

L’état de notre conscience.

Pour moi, profitant de mon impunité,

J’ai créé de fictifs emplois.

J’ai occupé des appartements sans les louer.

Même souvent, j’ai mangé et j’ai voyagé

Sans payer et sans respecter les lois.

Je me dévouerai donc, s’il le faut, mais j’ai pensé

Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi

Car on doit souhaiter, selon toute justice,

Que le plus coupable périsse.

-Sire dit le MEDEF, vous êtes trop naïf et droit ;

Vos scrupules font voir trop de délicatesse.

Eh bien ! se gaver de millions en espèce,

Est-ce un pêché ? Regardez nos stock-options, Seigneur,

Voyez de nos actions sans travailler le bonheur ;

En volant le travailleur, l’on peut dire

Qu’il était digne de tous ces maux,

Etant de ces gens quasi animaux

Sans compétences et sans désirs.

Ainsi dit le patron ; et flatteurs d’applaudir.

On n’osa trop approfondir

Du trader, ni du cadre, ni des autres puissances,

Les moins pardonnables offenses :

Tous les exploiteurs, jusqu’aux simples matins,

Au dire de chacun étaient de petits saints.

Le petit délinquant vint et dit : "J’ai souvenance

Qu’en une rue fréquentée par des passants,

La pauvreté, le manque d’avenir et, je pense,

Quelque diable aussi me poussant,

Je soulageais un passant de quelques dépenses.

Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net."

A ces mots on cria haro sur le baudet.

Un pseudo expert démontra par sa harangue

Qu’il fallait emprisonner ce maudit animal,

Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.

Sa peccadille fût jugée un cas pendable.

Voler de l’argent ! Quel crime abominable !

Rien que la prison n’était capable

D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable

Les médias de cour vous rendront blanc ou noir.

(d’après "Les Animaux malades de la peste". S’est-on avisé de mettre bout à bout les méfaits de la " délinquance en col blanc"" (détournements de fonds publics dans les emplois ficitifs, fausses factures, appartements de fonction à l’œil etc… –et sans parler de la " délinquance légale " permise par les pseudos lois du " marché " qui permettent aux " actionnaires rentiers " de ponctionner plus de 40 % de la richesse nationale produite par les salariés que l’on rapproche de plus en plus de la condition d’esclaves au travail) avec ceux produits par la petite délinquance ? Je prends le paris que la comparaison serait indécente pour ceux qui crient le plus fort sur la petite délinquance. Ce n’est pas monsieur Alain Juppé qui me contredira, lui qui s’était permis de " louer " pour un franc symbolique un appartement de plusieurs centaines de mètres carrés à son fils en plein cœur de Paris. Mais il est vrai que lui, contrairement à la plupart des petits délinquants, avait les moyens de rembourser son forfait, et donc d’atténuer sa " peine "….Rire. Les fables que nous vivons bien malgré nous aujourd’hui renvoient souvent celles de La Fontaine à de douces plaisanteries bien en dessous de la réalité)

 

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