Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

1) L’Employée d’Enron et la Syndiquée ringarde
2) Le Service public qui se veut aussi "rentable" que la Multinationale
3) Le F.M.I et les Argentins
4) L'Impôt, poule aux œufs d'or
5) L'Etat et l'Entreprise en faillite
6) Le petit Actionnaire qui a perdu son Capital
7) Les petites Gens et la Retraite par capitalisation
8) Le capitaliste qui vend le rêve

1) L’Employée d’Enron et la Syndiquée ringarde

 

L’Employée d’Enron ayant spéculé
Toutes ces années
Se trouva fort dépourvue
Quand la faillite fut venue.
Pas un seul petit profit
Ni un brin d’économie.
Elle alla crier famine
Chez la Syndiquée sa voisine
La priant de lui prêter
Quelques gains pour spéculer
Jusqu’à la conjoncture nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’août, foi d’économiste,
Et de prévisions réalistes".
La Syndiquée ringarde n’est pas rêveuse,
C’est là son moindre défaut.
"Quand le délire boursier était si haut,
Que faisiez-vous ?" dit-elle à l’emprunteuse.
"Nuit et jour à tout venant
Je spéculais, ne vous déplaise.
Vous spéculiez ? J’en suis fort aise :
Eh bien ! cotisez maintenant."

(d’après "la Cigale et la Fourmi")

 

2) Le Service public qui se veut aussi "rentable" que la Multinationale

Un Service public vit une Multinationale
Aux profits apparents de belle taille.
Lui qui n’avait pas une telle fin initiale,
Envieux, se déforme, s’enfle et se travaille
Pour égaler de son modèle les "affaires",
Disant: "Regardez bien, chers actionnaires,
Ma rentabilité est-elle suffisante ?
-Nenni- La précarité intéressante ?
-Point du tout- Les salaires assez rachitiques ?
-En rien- Mes OPA suffisantes ? M’y voilà ?
-Vous n’en approchez point" Le service public
Se renia si bien qu’il creva.
Le monde est plein de "libéraux" qui ont la rage.
On veut réduire l’utilité à la finance.
On veut d’automatiques pourcentages.
On veut des impôts l’utilité sans la dépense.

(D’après "La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf". En hommage à France Télécom, La Poste et E.D.F, et sans doutes très vite la Santé et l’Education, quoique peut-être sous des formes d’apparences légèrement plus douces…..Il faut bien invoquer les principes du bien si l’on veut faire efficacement le mal…)

 

3) Le F.M.I et les Argentins

Chacun a son défaut, où toujours il revient :
Honte ni peur n'y remédie.
Sur ce propos, d'un cas il me souvient :
Je ne dis rien que je n'appuie
D'un exemple. Un suppôt du libéralisme
Altérait du monde le développement :
Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur plan
Qu'ils refusent d'en voir les traumatismes.
Un jour, plein de la science dite "économie",
Celui-ci mis sur les genoux un pays.
Ses habitants l'enfermèrent dans un tombeau.
Là les justifications économiques
Cuvèrent à loisir. Après son repos,
Il y trouve des objets mortuaires typiques.
"Qu'est-ce ? dit-il. Le monde du F.M.I est-il veuf ?"
Là dessus, les Argentins, en habits du diable,
Et contrefaisant sa voix probable,
Tiennent au prétendu mort leur habile bluff.
Le F.M.I ne doute alors en aucune manière
Qu'il ne soit citoyen d'enfer.
"Quelles personnes êtes-vous ? dit-il à ces fantômes.
-Les révoltés du royaume
De la terre, reprirent-ils, et nous avertissons
De leur fin inéluctable les faux jetons.
Le F.M.I repart sans songer :
"Je n'ai point assez libéraliser ?"

(D’après "L'ivrogne et sa Femme". Faut-il rappeler que L'Argentine était qualifiée de "meilleur élève" du F.M.I avant sa faillite ? Elle est pas belle la vie des " libéraux " ? )

4) L'Impôt, poule aux œufs d'or

L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
Je ne veux pour le témoigner
Que celui dont l'Impôt, à ce que dit la fable,
Assurait un raisonnable niveau de vie.
Il crut que ne pas le payer serait rentable.
Dans le privé, il plaça ses économies.
Mais ainsi utilisées, elles ne produisaient rien.
Il s'était lui-même ôté le meilleur de son bien.
Belle leçon pour les gens chiches !
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus,
Qui du soir au matin sont pauvres devenus,
Pour vouloir trop seuls être riches !

(D'après "La Poule aux œufs d'or". En " hommage " à ces fonctionnaires anglais qui, sous l’incitation de leurs propres hommes d’état ( !), retirèrent leurs cotisations retraite du système public pour le placer dans un fond de pension privé qui fit faillite…Ils sont toujours en procès pour récupérer une aumône, mais les hommes d’état qui ont rendu possible ce genre de " réformes " ne sont pas à la barre des accusés eux, ni les économistes " libéraux " qui les ont inspiré. Lire à ce propos " La bourse ou la vie " de Bernard Maris et Labarde Philippe….)

 

 

5) L'Etat et l'Entreprise en faillite

A.T.T.A.C nous conte qu'un Etat
Charitable autant que peu sage,
De sa santé faisant le constat
Et de l'économie le chiffrage,
Aperçut une Entreprise en faillite,
Percluse de dettes et presque détruite,
N'ayant pas à vivre un quart d'heure.
L'Etat la prend et s'en fait le protecteur ;
Et sans considérer quel sera le poids
Sur nos impôts de son action,
Il la recapitalise sans conditions,
Et la ressuscite avec toute sa foi.
La firme engourdie sent à peine le chaud,
Que le M.E.D.E.F en veut la privatisation ;
Menteur, il affirme meilleure sa gestion,
Puis publie nombre de raisonnements faux
Contre son bienfaiteur, son sauveur et son père.
"Bien sûr, dit l'Etat, reprenez l'affaire !
Elle est à vous !" A ces mots démagogiques
Il vous cède pour rien l'affaire publique ;
Après en avoir socialiser les pertes,
Il en privatise les profits.
Ainsi les démagogues bandits
Rendent-ils la raison inerte.

Il est bon d'être charitable :
Mais envers qui ? c'est le point.

Quant aux privatisations, il n'en est point
Qui, sans l'Etat, ne soient rentables.

(D'après "Le villageois et le serpent". En hommage au secteur de l’acier en France qui a tant enrichi les De Wendell, au Crédit Lyonnais, à France Télécom…..et tant de cas que j’oublie et certainement à venir aussi, tant ce mécanisme détourné est bien connu maintenant. Ce qui est assez fabuleux dans ces histoires à dormir debout, c’est que ces actionnaires qui sont gagnants à tout coup sont aussi ceux qui osent nous parler de " peur du risque " à tout bout de champ…..

 

6)Le petit Actionnaire qui a perdu son Capital

L'usage seulement fait la possession.
Je demande à ces salariés de qui l'obsession
Est d'assurer leur retraite en bourse
Quel avantage ils ont sur l'autre ressource.
Les S.D.F de demain seront aussi riches qu'eux,
Et nos actuels actionnaires d'évidents gueux.
L'histoire de cet anglais que je vous propose
Servira d'exemple à la chose.

Ce malheureux attendait,
Pour jouir de son bien, une seconde vie ;
Sur le conseil d'hommes d'état dévoyés,
Dans un fond de pension son blé il enfouît,
Son cerveau avec, croyant qu'en solitaire,
Il gagnait sur une retraite solidaire.
Il fît du Dow Jones son obsession sacrée.
Que les siens on malmena, qu'on les exploita,
Tout l'indifférait, à moins qu'il ne songeât
A son Capital et à ses profits escomptés.
Il l'engraissât tant, qu'un patron le vit,
Se saisit du dépôt, et l'emporta sans rien dire.
Notre avare, un beau jour, ne trouva que le nid.
Voilà mon homme aux pleurs : il gémit, il soupire,
Il se tourmente, il se déchire.
Un passant lui demande à quel sujet ses cris.
-"C'est mon Capital que l'on m'a pris.
-Votre Capital ? Où pris ? -A la bourse
-Eh ! Manquons-nous tant de ressources
Pour être si con ? N'eussiez-vous pas mieux fait
De renforcer la répartition et ses effets,
Que de faire le jeu de vos exploiteurs ?
Vous auriez assuré vos dernières heures.
-Assurez ma retraite ne tient-il qu'à cela ?
L'argent vient-il comme il s'en va ?
Je n'y touchais jamais -dites-moi donc, de grâce
Reprit l'autre, pourquoi dans la répartition,
Le partage des richesses ferait défection ?
De votre cerveau en lieu et place,
Mettez plutôt une pierre à la place".

(D’après "L'Avare qui a perdu son trésor", La Fontaine. Mais aussi d'après "La bourse ou la vie", Labarde et Maris, ed Albin Michel, P 106 à 109 et tant d'exemples malheureusement si répétitifs et sans conséquences...)

 

 

 

7) Les petites Gens et la Retraite par capitalisation

De la répartition dont ils vivaient sans souci,
Se contentèrent longtemps les Gens d'un pays.
Si leur fortune était sans mirifiques gains
Elle était sûre tout au moins.
A la fin, la propagande les tenta si bien,
Que dans le système par capitalisation
Ils mirent la majorité de leurs biens,
Et trafiquèrent tant, qu'ils y perdirent raison.
Leur argent par spéculation fit naufrage.
Nos Gens durent travailler toute la vie
Non plus pour améliorer leur standing de vie
Mais pour de la survie, avoir "l'avantage".
S'imaginant au repos pour la fin de leur vie,
Ils durent se remettrent à l'ouvrage.
Or bien plus tard, quelques économies
Leurs enfants firent, et, bien plus sages,
Redécouvrir les vertus de la répartition.
Mais toujours les médias, vrai lobby patronal,
Laissaient le droit de parole au plus vénal.
"Vous voulez notre argent, Ô messieurs les patrons,
Dirent-ils. Adressez-vous je vous prie, aux vrais cons.
Ma foi, vous n'aurez plus le nôtre,
Ayant vu le meurtre social de vos apôtres."
Ceci n'est pas un conte à plaisir inventé.
Je me sers de la vérité
Pour montrer par expérience,
Qu'un sous, quand il est socialisé,
Vaut mieux que cinq en espérance ;
Qu'il faut miser sur l'association ;
Qu'aux conseils de la bourse et de l'ambition
Nous devons fermer les oreilles.
Pour un qui s'en louera, dix milles s'en plaindront,
La bourse promet monts et merveilles :
Fiez-vous-y, les voleurs et les malheurs viendront.

(D'après Le Berger et la Mer.. Le hasard fait que je viens de lire aujourd'hui -samedi 1 janvier 2005- Alternatives Economiques -revue dite "modérée" et "sérieuse"- de janvier 2005 page 17, un petit article : ""Royaume-Uni, le fiasco des fonds de pension". Je vous le conseille…..Et dire que c’est la " modernisation  libérale " qu’on veut pour nous…Désagréable impression quand même par moment que les fables de La Fontaine sont bien en dessous de la connerie de nos " raisonnements ")

 

8) Le capitaliste qui vend le rêve

Jamais auprès des patrons ne te mets à porté :
Je ne te puis donné un plus sage conseil.
Il n’est enseignement pareil
A celui-là de fuir ces gens intéressés.
On en voit souvent dans les médias :
La com. est leur outil, car elle donne de l’éclat
Aux fripons et à leurs promesses ridicules.
Un patron se ventait devant les caméras
Qu’il vendait le rêve ; et les mortels crédules
De courir à l’achat : chacun s’endettant.
On investissait ses économies :
Puis on avait pour son argent
De belles actions, et une vague garantie.
La plupart s’en fâchaient ; mais que leur servait-elle ?
C’était les plus moqués ; le mieux était de rire
Ou de s’en aller, sans rien dire
Avec sa croyance inconditionnelle.
De douter de l’efficacité des marchés,
On se fait siffler ainsi qu’un ignorant.
La doxa libérale n’est-elle pas garant
d’un marché efficient ? La rentabilité
est avéré et chacun y trouve profit.
Doutant pourtant de cette piètre garantie,
Un des dupes un jour alla trouver un sage,
Qui, sans hésiter davantage,
Lui dit : " Ce sont ici hiéroglyphes tout purs.
Les gens biens informés, et qui voudront bien faire
Entre eux et ces patrons mettront pour l’ordinaire
Un état social ; sinon je ne suis pas sûr
Que beaucoup de vos semblables n’en crèvent.
Vous n’êtes point trompé : ce patron vend du rêve. "

(D’après " Le Fou qui vend la sagesse")

Partager cet article

Repost 0