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Les Loups et les Brebis
Les Marchés financiers et les « Socialistes »



Après mille ans et plus de guerre déclarée,
Après mille ans et plus de contrôle des marchés (1)
Les Loups firent la paix avecque les Brebis.
La gauche fît la paix avec les financiers.
C'était apparemment le bien des deux partis ;
C'était apparemment le bien des deux partis;
Car si les Loups mangeaient mainte bête égarée,
Car si les Traders mangeaient peu du PIB détourné,
Les Bergers de leur peau se faisaient maints habits.
La Gauche finançait par l'égalité le pays.
Jamais de liberté, ni pour les pâturages,
Jamais de liberté, ni pour gérer (2),
Ni d'autre part pour les carnages :
Ni d'autre part pour les Financiers:
Ils ne pouvaient jouir qu'en tremblant de leurs biens.
Ils ne faisaient qu'en tremblant de maîgres profits (3).
La paix se conclut donc : on donne des otages ;
La paix se conclut donc: on donne des garanties;
Les Loups, leurs Louveteaux ; et les Brebis, leurs Chiens.
La « Gauche », son archaïsme, et la Bourse, son immoralité.
L'échange en étant fait aux formes ordinaires
L'échange en étant fait par Bérégovoy
Et réglé par des Commissaires,
Et réglé par Delors et ses lois(4).

Au bout de quelque temps que Messieurs les Louvats
Au bout de quelque temps que Messieurs les Financiers
Se virent Loups parfaits et friands de tuerie,
Se virent mains libres et friands de profits,
lls vous prennent le temps que dans la Bergerie
Ils comprennent que dans le pays
Messieurs les Bergers n'étaient pas,
L'Etat détruit maître chez lui n'est pas(5),
Etranglent la moitié des Agneaux les plus gras,
Etranglent la moitié des salariés les plus bas,
Les emportent aux dents, dans les bois se retirent.
Les délocalisent, leurs retraites leur retirent. 
Les Chiens, qui, sur leur foi, reposaient sûrement,
Les votants qui, sur leur foi, croyaient Mitterand,
Furent étranglés en dormant :
Furent étranglés en dormant:
Cela fut sitôt fait qu'à peine ils le sentirent.
Cela fut si bien fait que les droites applaudirent(6).
Tout fut mis en morceaux ; un seul n'en échappa.
Tout fut mis en morcaux; pas un droit n'en réchappa.
Nous pouvons conclure de là
Nous pouvons conclure de là
Qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle.
Qu'il faut faire aux Marchés guerre continuelle.
La paix est fort bonne de soi,
La paix est fort bonne de soi,
J'en conviens ; mais de quoi sert-elle
J'en conviens; mais de quoi sert-elle
Avec des ennemis sans foi ?
Avec des prédateurs non tenus à la loi (7)?

 

Lionel goutelle/La Fontaine (30/07/2011)

 

notes:

(1): dans les années d'après guerre jusqu'aux années 80, non seulement la gauche, mais la droite (gaulienne ou autre) contrôlaient aussi les marchés!. Un résultat catastrophique d'évidence: des taux de croissance autour de 5%,aucune crise financière majeure!
(2): Rappellons qu'en France, ce n'est pas la droite, mais la "gauche" qui libéralise les marchés (1986 Bérégovoy)! Celà, pour financer les déficits publics (en trouvant plus facilement de l'argent sur les marchés financiers) selon la nouvelle manière prônée par les économistes libéraux et  leurs commentateurs attitrés (même Libération s'y met) qui commencent à peupler les plateaux de télévision et à coloniser les médias et les esprits (et en abandonnant la "vieille méthode de gauche" consistant à relancer la demande, quitte à provoquer une inflation qui bouffe, comparé à aujourd'hui, les profits des pretteurs qui restent raisonnables à l'époque pour des gens qui "gagnent de l'argent en dormant" (comme disait le premier Mitterand qui, pour avoir nos voix, nous faisait croire qu'il était sincèrement de gauche. Il nous a bien baisé celui-là, et les socialistes ont bien de la chance qu'il n'existe pas encore, mais j'y travaille, un droit d'obligation de respect de son électorat).
(3) A l'époque, ils font des profits autour de 3% (en dormant c'est pas mal quand même)?A comparer aux 15% ou plus exigés aujourd'hui par les "actionnaires" (quel mot mensonger pour celui qui vit de l'action des autres!) qui peuvent aller jusqu'à exiger la fermeture d'une usine (comme à st Menet à Marseille) si  elle ne les produit pas!
(4) Naturellement parrallèlement à tout celà, Delors travaille à "libéraliser" (autre mot mensonger qu'il faut traduire par "enchaîner") l'Europe. Madelin l'a très bien compris qui a dit "l'Europe est une machine de guerre contre le socialisme" (enfin, il parlait du vrai socialisme d'avant Mitterand). A vrai dire, historiquement les socialistes ont rarement été de gauche par eux-même.Ils l'ont très souvent été sous la contrainte violente de leur électorat. Qui rappelle que les congés payés n'étaient pas dans le programme des socialistes, mais qu'ils les ont signé contraints et forcés par la vague des grêves qui paralysaient le pays à l'époque du front populaire?
(5) Aujourd'hui, on "réforme" un pays non pas pour faire progresser la qualité de vie de sa population, mais pour garder la "confiance" des investisseurs pour qu'ils puissent se payer des yatchts dernier cri. Tel est le nouveau "civisme" qu'on essait de nous faire avaler.
(6) Juppé l'a avoué (mais c'était un secret de Polichinelle):  Sur cette période ou la gauche gouverne et s'active à se "moderniser" (mot servant de cache sexe pour ne pas avouer qu'on trahit): "si la gauche ne l'avait pas fait, nous n'aurions pas pu le faire" (sous entendu: nous la droite on nous aurait vu venir  de loin). Qu'on pense aussi au "Wall Street Journal", organe des marchés financiers, félicitant Jospin et consort pour ses "réformes courageuses". Et oui, nos dirigeants socialistes cherchent maintenant l'assentiment des milieux d'affaire (qui peut s'avérer payant matériellement parlant aussi: il arrive fréquemment qu'ils siègent dans des grosses entreprises.Comme le rappelle Ruffin, Naouri, patron de Casino, a aidé Bérégovoy à libéraliser la finance avant d'en recueillir les fruits à la tête de Casino ) plutôt qu'à faire le bien de leur électorat, qu'il suffit juste de bluffer le temps de l'élection. 

(7) Il est certain qu'il faut "démondialiser", quitte à commencer nationalement pour ensuite rejoindre les autres pays se joignant à ce mouvement (et qui attendent peut être comme nous un signe pour y aller). C'est l'arme de la vraie gauche, et on se fout que le front national la reprenne opportunément (voir le débat en cours)

Sur toutes ces questions, il faut lire de long en large Frédéric Lordon, Serges Halimi, François Ruffin,etc.... Les taxer "d'extrémistes" (l'argument des cons qui ne savent plus comment  argumenter) est un aveu de faiblesse. Leur cohérence et leur culture est extrêmement grande sur ces questions....

 

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