je remercie Olivier Ganan pour le prêt de sa caricature.On peut faire un tour sur son site à l'adresse suivante : :https://olivierganan.wordpress.com/tag/logo/page/3/
L'avantage de la science
L'avantage de la justice
Entre deux bourgeois d'une ville
Entre deux médias d'un pays
S'émut jadis un différend :
S'émut jadis un différend :
L'un était pauvre, mais habile
L'un de la justice était l'ami
L'autre, riche, mais ignorant.
L'autre aux puissants complaisant.
Celui-ci sur son concurrent
Celui-ci sur son concurrent
Voulait emporter l'avantage ;
Voulait emporter l'avantage
Prétendait que tout homme sage
Prétendant que tout média sage
Était tenu de l'honore
Etait tenu de l'imiter
C'était tout homme sot ; car pourquoi révérer
C'était un média sot ; car pourquoi révérer
Des biens dépourvus de mérite ?
Une réussite dépourvue d'honneur?
La raison m'en semble petite.
La raison m'en semble sans valeur.
« Mon ami, disait-il souvent
« Mon ami, disait-il souvent
Au savant,
Au résistant
Vous vous croyez considérable ;
Vous vous croyez admirable ;
Mais, dites-moi, tenez-vous table ?
Mais, dites-moi, tenez-vous table ?
Que sert à vos pareils de lire incessamment ?
Que vous sert de vouloir justice incessamment ?
Ils sont toujours logés à la troisième chambre,
Vous êtes toujours logés à la troisième chambre,
Vêtus au mois de juin comme au mois de décembre,
Vêtus au mois de juin comme au mois de décembre,
Ayant pour tout laquais leur ombre seulement.
Ayant pour toute joie votre rigueur seulement.
La République a bien affaire
L'économie n'a rien à faire
De gens qui ne dépensent rien !
Des pauvres qui ne sont rien !
Je ne sais d'homme nécessaire
Je ne sais d'homme nécessaire
Que celui dont le luxe épand beaucoup de bien.
Que le riche dont le luxe répand beaucoup de bien
Nous en usons, Dieu sait ! notre plaisir occupe
Nous en profitons. Dieu sait ! Sa richesse occupe
L'artisan, le vendeur, celui qui fait la jupe,
L'artisan, le vendeur, celui qui fait la jupe,
Et celle qui la porte, et vous, qui dédiez
Et celle qui la porte, et vous, qui écrivez
À messieurs les gens de finance
Sur messieurs les gens de la finance
De méchants livres bien payés. »
De méchants livres trouvant marché. »
Ces mots remplis d'impertinence
Ces mots remplis de violence
Eurent le sort qu'ils méritaient.
Eurent le sort qu'ils méritaient
L'homme lettré se tut, il avait trop à dire.
Le Média éclairé se tut, il avait trop à dire.
La guerre le vengea bien mieux qu'une satire.
L'émeute le vengea bien mieux qu'une satire.
Mars détruisit le lieu que nos gens habitaient :
Le peuple obligea les médias à l'honnêteté
L'un et l'autre quitta sa ville.
L'un et l'autre quittèrent leur vie.
L'ignorant resta sans asile ;
Le corrompu ne trouva plus d'amis. .
Il reçut partout des mépris :
Il reçut partout du mépris :
L'autre reçut partout quelque faveur nouvelle
L'autre reçut partout quelques faveur nouvelle
Cela décida leur querelle.
Cela décida leur querelle
Laissez dire les sots ; le savoir a son prix.
Ignorez les vendus ; l'info a son prix.
